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Protection des cultures
Expériences pilotes
Les betteraves sucrières
Essais démonstratifs : les betteraves sucrières
Sur les 130 millions de tonnes de sucre par an produites à travers le
monde, la betterave sucrière en fournit environ le tiers. Avec ses 100
000 hectares cultures consacrées aux betteraves sucrières, la Belgique
produit entre 800 000 et un million de tonnes de sucre. Grâce aux méthodes
phytosanitaires modernes, plus d'un kilo de sucre pur peut aujourd'hui
être produit par mètre carré cultivé.
Parallèlement au sucre, un hectare de betteraves sucrière permet de produire
de 35 à 40 tonnes de feuilles, de 20 à 30 tonnes de pulpe et 2,2 tonnes
de mélasse pouvant être directement utilisées dans l'alimentation animale.
La betterave sucrière peut également servir à produire du bioéthanol (6000-8000
litres/hectare), nettement moins polluant que l'essence. Elle est également
une très grosse productrice d'oxygène grâce à son activité biologique
et à sa longue période de végétation. La betterave permet de produire
treize millions de litres d'oxygène par hectare ainsi que de transformer
30 tonnes de CO2, ce qui est plus que la forêt.
La période de semi idéale se situe entre le 20 mars et le 30 avril.
110 à 120 000 graines sont semées par hectare. Durant toute la période
de croissance, l'agriculteur doit veiller à protéger sa culture
Les ennemis sont nombreux:
- Les mauvaises herbes
Les mauvaises herbes peuvent véritablement envahir les champs de betteraves
et étouffer les plantes. Elles diminuent fortement l'apport en eau et
en lumière nécessaire à la betterave. De plus, certaines mauvaises herbes
sont vénéneuses et un désherbage insuffisant entrave la récolte. Grâce
aux récentes évolutions, le cultivateur peut recourir au fractionnement
d'herbicides, ce qui diminue considérablement la masse totale de substances
actives pulvérisées dans les champs.
- Les maladies
Le Phoma, le Phythium et l'Aphanomyces sont des mycoses qui attaquent
les jeunes plants et empêchent la sève de circuler dans les racines
et les tiges. Sans traitement, ces maladies hypothèquent la croissance
de la betterave. D'autres mycoses altèrent les plantes adultes comme
le Rhizoctonia qui provoque le pourrissement des racines. Actuellement,
les scientifiques tentent de mettre au point des une variétés de betteraves
naturellement résistante à cette maladie. D'autres maladies comme l'oïdium, la ramulariose, la cercosporiose ou la rouille peuvent
encore endommager les feuilles limitant la photosynthèse.
- Les insectes
Nombre d'insectes s'attaquent également aux racines et aux feuilles
des betteraves limitant ainsi leurs chances de croissance. Certains
sont porteurs de virus tels le puceron, vecteur de la jaunisse. La lutte
contre les insectes a fait, ces dernières décennies, des progrès considérables.
Tout d'abord, les systèmes d'avertissement déterminent, sur la base
d'observations dans les champs, des seuils de nuisance. Lorsque ceux-ci
sont dépassés, les avis de traitements sont envoyés. Ensuite, les progrès
de la recherche ont permis de mettre au point des insecticides spécifiques,
efficaces uniquement contre les espèces nuisibles. Ces nouveaux insecticides
s'utilisent également à des doses beaucoup plus faibles: alors que dans
les années 70, 4 à 5 kilos d'insecticide étaient nécessaires par hectare,
aujourd'hui, moins de 100 grammes par hectare sont utilisés, uniquement
dans l'enrobage de la semence.
Les betteraves, comme la majorité des plantes de culture nécessitent
une protection appropriée qui tienne également compte des contraintes
environnementales. Par un recours à l'observation systématique et une
analyse du seuil maximal de dommages économiquement acceptable, le cultivateur
est en mesure d'utiliser les produits phytosanitaires adéquats et même
d'en diminuer les quantités nécessaires.
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