R&D

Comment les produits de protection des plantes sont-ils fabriqués ?
 
Efficacement, mais dans le respect de l’écologie
Lorsqu’ils développent un nouveau produit de protection des plantes, les scientifiques s’emploient en premier lieu à trouver les 'points faibles’ du ravageur et à développer une molécule qui s’y attaque. La substance active lutte contre le ravageur - insecte, mauvaise herbe ou champignon nuisible - sans avoir d’effet sur d’autres organismes non visés. Il est dès lors primordial de développer de nouvelles substances actives pour pouvoir alterner l’utilisation des produits de protection des plantes disponibles afin de maîtriser l’apparition d’une résistance.

Recherche et développement
La recherche d’une nouvelle substance active n’est toutefois que le début d’un long processus de développement, car pour chaque substance active qui aboutira finalement sur le champ d’un agriculteur, non moins de 39.000 autres sont exclues ! En effet, pour pouvoir être agréée comme produit de protection des plantes, chaque substance active doit surmonter une série d’obstacles.

En premier lieu, les chercheurs doivent être sûrs qu’elle pourra être synthétisée en quantités commerciales. Ensuite, la formulation de la molécule doit répondre à des conditions qui lui permettront d’être applicable en dehors du laboratoire, c’est à dire sur un champ. Or, la nouvelle molécule pourrait, par exemple, ne pas être hydrosoluble, alors que la plupart des produits de protection des plantes s’utilisent précisément dans une solution aqueuse.

Tandis que les chimistes s’attachent à résoudre ces problèmes, les biologistes testent l’efficacité de la molécule à lutter contre le ravageur visé. D’autres scientifiques se penchent sur sa toxicologie ainsi que sur son comportement dans l’environnement. Se dégrade-t-elle rapidement dans le sol ? En reste-t-il des résidus sur la culture ?

Il importe aussi de connaître l’effet que la nouvelle molécule pourrait exercer sur les personnes en général et sur celles qui y sont exposées de près en particulier (les fabricants, les applicateurs du produit et le consommateur). Plus tôt ces problèmes seront constatés, plus rapidement la molécule pourra être exclue du programme de recherche et mieux ce sera. Ensuite, toutes les données recueillies par les chercheurs sont rassemblées en vue de constituer le dossier qui sera soumis à l’approbation des autorités au terme du processus de développement.

Toute entreprise souhaitant commercialiser un produit de protection des plantes y consacre en moyenne quelque 200 millions d’euros répartis sur une période de huit à dix ans.