Historique

Les origines de la protection des plantes
Depuis plus de 2000 ans, l’homme a recours à des produits chimiques pour protéger ses cultures. Démocrite d’Abdère (460-380 av. J. Chr.) conseillait de faire tremper les graines dans le suc de la plante de sedum pour les protéger des maladies dès avant leur ensemencement. À Rome, Pline l’Ancien (79-23 av. J. Chr.) faisait mention de cendres, de feuilles de cyprès finement broyées et d’urine diluée comme autant de produits pouvant protéger les plantes.

L’extrême gravité de la menace de ravageurs et maladies est attestée non seulement par des ordonnances papales mais également par des mesures juridiques. C’est ainsi qu’en 1476 à Bern, en Suisse, des lombrics furent traînés en justice, déclarés coupables et excommuniés puis bannis par l’archevêque. En 1485, le Haut Vicaire de Valence ordonna de faire comparaître devant lui des chenilles. Elles aussi furent condamnées à quitter la région.

La Révolution agraire et le mildiou de la pomme de terre
En Europe, la révolution agraire (1750-1880) suscita une expansion du commerce international et stimula également la protection des plantes et l’emploi d’insecticides botaniques, tel le pyrèthre.

Aux 19e et 20e siècles, l’Europe fut frappée par deux épiphyties de mildiou de la pomme de terre. En Irlande, en 1845 et 1846, la dévastation totale des récoltes de pommes de terre par le mildiou fut lourde de conséquences. Un million et demi d’Irlandais moururent de faim, et deux millions et demi furent contraints d’émigrer en Amérique. En Allemagne, « l’hiver des navets » de 1917-18 fit près de 700.000 morts. De fait, suite à la dévastation totale de la récolte de pommes de terre, la population avait dû se rabattre sur le navet. Aujourd’hui, le mildiou est maîtrisé par des fongicides modernes, de sorte que les récoltes catastrophiques de pommes de terre et la famine qu’elles entraînent, n’existent plus dans nos contrées.

Dans les années 1880, les cultivateurs eurent recours à une vaste gamme de produits chimiques organiques et inorganiques pour lutter contre les fléaux : nicotine, solutions de cuivre, arsenic, cyanure, poudre de soufre, chaux vive, etc. La plupart de ces produits sont toxiques et donc dangereux pour ceux qui s’en servent. C’est également à cette époque que parurent pour la première fois des ouvrages et des articles entièrement consacrés à la lutte contre les fléaux. Plus tard, les chimistes créèrent des traitements plus fiables, les précurseurs des produits actuels basés sur de la recherche approfondie.