Biodiversité

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L’agriculture a besoin de la biodiversité et la biodiversité a besoin de l’agriculture

L’agriculture et la biodiversité sont inséparables. Cependant, l’on perd trop souvent de vue que la plus grande menace pour la biodiversité se situe au niveau de la perte d’habitat résultant de l’extension des terres cultivables. Cette menace ne fera qu’augmenter à mesure que la population s’accroîtra. La meilleure solution consiste à augmenter durablement la production alimentaire sur les terres cultivées actuellement, et à résister à la tendance séculaire de toujours vouloir augmenter le nombre d’hectares de terres cultivables. Nous avons besoin de plus de nourriture, pas de plus de terres cultivables. Aussi conviendra-t-il d’innover et d’intégrer plus efficacement les progrès scientifiques et technologiques dans l’agriculture et dans la politique agricole.

Deux options pour satisfaire à la demande croissante de nourriture
La demande croissante de nourriture dans le monde, qui augmentera de 70% d’ici 2050, peut menacer la biodiversité. Nous sommes confrontés à un défi fondamental : comment faire régner un équilibre sain entre l’augmentation de la production alimentaire et le maintien de la biodiversité dans la nature ?

  • Devons-nous défricher des terres boisées ou d’autres terres où croissent de précieux écosystèmes pour faire face à l’indispensable augmentation de nos besoins de nourriture en Europe ?
  • Ou devons-nous accroître durablement la production alimentaire sur des terres qui sont déjà cultivées, en appliquant des méthodes durables appropriées, telles que la protection du sol, la bonne gestion des ressources en eau et l’utilisation adéquate et sûre des produits de protection des plantes, tout en introduisant simultanément des mesures visant à favoriser la biodiversité dans des zones d’habitat non peuplées ?

Il est clair que nous devons opter pour la seconde option : éviter, où que ce soit dans le monde, de cultiver encore plus de terres, et se concentrer sur des pratiques agricoles durables pour augmenter la productivité.

L'option 2 est étayée par des études scientifiques
Des études récentes étaient cette thèse. Celle menée par l’Institut Humboldt démontre que la baisse de productivité en Europe entraînera une augmentation du nombre de terres exploitées dans les pays en développement afin que nos besoins alimentaires soient comblés. Par conséquent, les forêts équatoriales et d’autres habitats seront encore plus menacés. Et l’étude sur les conséquences pour les populations d’espèces menée par l’Université de Leeds, souligne l’importance, lors de l’instauration d’une politique agricole, de prendre en considération l'ensemble des facteurs pour limiter la perte de biodiversité au minimum.
L’étude de Leeds prouve que la meilleure façon de maintenir la biodiversité consiste à éviter de porter atteinte aux habitats des plantes et des animaux sauvages. Une telle approche est possible si l’on utilise les méthodes agricoles les plus productives et que l’on réduit ainsi l’extension des terres cultivables au minimum. L’étude de l’Institut Humboldt démontre que l’Europe accélèrera la destruction des habitats d’une grande biodiversité si elle réduit la productivité des entreprises agricoles européennes. En effet, dans ce cas, les terres cultivables disponibles ailleurs dans le monde seront élargies pour satisfaire les besoins de l’UE.

Allier cette perspective internationale à l’innovation technologique et à la formation des agriculteurs afin qu’ils appliquent la technologie d’une manière durable, est la combinaison gagnante ... et pas uniquement pour notre propre espèce !